A La Une

Kodak est en faillite officiellement


C’est une annonce symbolique pour le secteur de la photo. Kodak, ancien leader des fabricants d’appareils photo créé en 1880, a annoncé ce jeudi qu’il déposait le bilan pour se restructurer. La société est placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ce qui la place à l’abri de ses créanciers. Les filiales hors des États-Unis ne sont pas concernées par ce dépôt de bilan.

«Le conseil d’administration et la totalité de l’équipe de direction estiment que c’est une étape nécessaire et ce qu’il convient de faire pour l’avenir de Kodak», a déclaré le PDG du groupe, Antonio M. Perez, dans un communiqué. «Maintenant, nous devons terminer cette transformation en travaillant davantage sur notre structure de coûts et en monétisant nos actifs de propriété intellectuelle non stratégiques.»

Le groupe, qui est notamment conseillé par la banque d’affaires Lazard, souhaite se concentrer sur sa technologie de développement et d’impression et, surtout,sur la vente de ses 1100 brevets qui suscitent la convoitise des géants de l’informatique et de la téléphonie. Ils lui ont rapporté plus de 3 milliards de dollars de royalties depuis 2003. Le fabricant affirme aujourd’hui réaliser 75% de son chiffre d’affaires à partir de ces activités.

La firme américaine espère terminer sa restructuration courant 2013. D’ici là, ce sera «business as usual», promet Kodak: «Le groupe pense qu’il dispose de liquidités suffisantes pour effectuer ses activités dans le cadre du chapitre 11, et continuer à fournir produits et services à ses clients comme à l’ordinaire.» Le fabricant a en effet obtenu une ligne de crédit de 950 millions de dollars (740 millions d’euros) sur 18 mois auprès de la banque Citigroup.

47.000 postes supprimés depuis 2003

Incapable de prendre le virage du numérique, dépassé par Sony, Canon ou encore Fuji, Kodak a amorcé son déclin dès les années 1980. «Au moment où nous avons créé notre activité numérique, nous avons aussi cessé certaines opérations, fermé treize usines et 130 laboratoires et supprimé 47.000 postes depuis 2003», rappelle le PDG du groupe.

Quant aux 18.000 salariés que compte encore Kodak, aucune précision n’est donnée sur les conséquences qu’ils pourraient subir de la restructuration du groupe.

À la Bourse de New York, le titre s’est effondré, à tel point qu’il a été retiré en 2004 de l’indice Dow Jones dont il faisait partie depuis 1930. Sur les douze derniers mois, l’action a encore perdu 90% de sa valeur pour atteindre 55 cents aujourd’hui. Elle valait plus de 100 dollars dans les années 1970.